
Ludovic Mohamed Zahed, imam gay Franco-Algérien, lance la première mosquée inclusive en Europe, en 2012. Loin des préjugés et des idées reçues, il entend porter la voix des minorités LGBT-musulmanes auprès des institutions Françaises et étrangères : rapports, conférences, séminaires, etc. Le 16 septembre prochain, Ludovic Mohamed Zahed va représenter sa fondation de recherche et formation, CALEM, aux nations unies, à Genève.
Propos recueillis par Aldric Warnet
Comment êtes-vous devenu l’imam gay que vous incarnez aujourd’hui ?
Ludovic Mohamed Zahed (L.M.Z) : Je suis revenu vers la religion à l’âge de 27-28 ans, car il me manquait quelque chose dans ma vie, que j’avais connu pendant l’adolescence
Au cours de mes études, j’ai effectué à un pèlerinage au Tibet et me suis intéressé à la méditation et au bouddhisme. De ce cette recherche spirituelle, je suis tout naturellement revenu vers l’Islam.
Arrivez-vous à concilier ces deux facettes ?
L.M.Z : De plus en plus de personnes viennent vers nous pour renouer avec leur culture d’origine, voire leur spiritualité, et concilier la religion et leur orientation sexuelle. Il y avait donc, tout naturellement, besoin d’un Imam gay, instruit pour exercer cette fonction.
Quelles messages entendez-vous apporter ?
L.M.Z : Depuis 20 ans, je m’intéresse aux identités intersectionnelles, qui se croisent à des endroits politiques, idéologiques et socio-culturelles, et dynamisent l’esprit du vivre-ensemble.
Je défends la dignité et le droit inaliénable et universel de chaque individu, porteur de ces identités : homosexualité, transidentité, islam ou encore séropositivité.
Comment réussissez-vous à porter une certaine positivité ?
L.M.Z : Nous effectuons des actions de sensibilisation, à destination des jeunes et réfugiés LGBT+ et répondons aux demandes d’accueil ou d’asile de ces minorités, qui ont fui leur pays et/ou leur famille.







